François Renard

To Michel TOSCA

Se poser devant une œuvre de Michel Tosca est une histoire tellurique qui, chaque fois, nous est proposée.

Le premier regard est un choc.

Le nuancier  des couleurs, des matières, des strates, ne sont que l’abord de l’abondance des univers de Michel Tosca.

Ce premier regard est celui d’un marin qui aborde une terre inconnue.

Il découvre ce nouveau monde.

Il lit des amers de terres nouvelles et familières.

Et avec bonheur il se perd dans ces territoires de traits et de matières.

Se poser !

Se poser devant ce travail est un plaisir où le commencement et la fin se superposent et s’entrechoquent.

Palimpseste calligraphique du trait, palimpseste  géologique des couches, palimpseste lumineux des tons.

Michel Tosca est un peintre fractal, son univers n’est pas mesurable, il est galactique et stellaire, minéral et sylvestre, aquatique et aérien.

 Le tout est égal à la fraction. La richesse de son dessin est le produit non mesurable de la richesse du trait, de l’aplat, des noirs et des couleurs, des terres et des ciels, des ondes et des mers.

Résurgences, apparition - réapparition des formes, des couleurs, des matières naissantes et combinées.

Chaque ligne, chaque nuance est en soit une exsurgence, une source unique et totale qui inonde et alimente l’ensemble, disparaît et resurgit : constitue le tableau.

On ne s’y perd pas. On chemine, on voyage dans des paysages que l’on croyait inaccessibles, hors d’atteinte.

On y voit des alphabets ignorés, des phrases indéchiffrables qui nous parlent, des écritures poétiques inconnues qui nous transportent.

La liberté de lecture et d’émotion est dans la nature de ses dessins. 

François RENARD

7 septembre 2012